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The Man Who Fell To Earth (1976)

En travaillant sur la préparation du film, je me suis dit que finalement, du «Petit Monsieur en Jaune» qui donne son titre au projet, on ne sait rien. On dirait qu’il a été catapulté là, d’on ne sait où. Ça m’a fait penser à ce film magnifique de Nicholas Roeg avec David Bowie, dans ce qui est à mon sens son plus grand rôle, The man who fell to Earth (L’Homme qui venait d’ailleurs), 1976, Photographie: Anthony B. Richmond.
Ce qui m’intéresse c’est surtout la première heure. Le langage filmique si particulier de Nicholas Roeg met en avant la solitude du personnage, avec ce qui semble être des niveaux de conscience différents, visualisés grâce au montage.
En 2,35:1, la photo ne se refuse aucun artifice, tour à tour naturaliste dans la désolation urbaine, et expressionniste dans les visages. La formation de mime de David Bowie, ainsi que son statut de rock star, hors du commun des mortels, soulignent le côté pantin désarticulé fragile, hors de ce monde.


C’est aussi le début de l’époque des plus beaux albums de Bowie, à mon sens. La série de chefs-d’œuvre de 1976 à 1980: Station To Station, Low, « Heroes », Lodger, Scary Monsters (and Super Creeps).

Drowning By Numbers – Sacha Vierny

Drowning By Numbers – Peter Greenaway, 1988
Photo: Sacha Vierny
Scene: Cissie Colpitts 1 – Jake

Outre le fait que j’ai travaillé dessus pour ma maîtrise, ce que je j’aime dans ce film, un des plus réussis de Peter Greenaway, c’est la tension entre le côté surréel, expressionniste, et le côté naturaliste du travail de Sacha Vierny. À part dans les courtes natures mortes aux insectes, mises en parallèle avec le destin des personnages, à aucun moment la lumière ne fait le jeu de la suspension de l’incrédulité. Le premier travelling avant ressemble plus à la vision d’un spectateur qui se rapproche d’une oeuvre monumentale d’un maître européen de la peinture classique qu’une immersion dans un univers secondaire. Tous les personnages sont de face et organisés symétriquement dans le cadre. Toute exploration est visuelle et toute narration, jeu d’acteur, est subordonné à son organisation esthétique. Le cadre du Suffolk rural est idéal pour ancrer la complexité un peu froide des contraintes filmiques de Greenaway dans un environnement familier, rustique, beau et drôle, ce qui est moins évident dans d’autres oeuvres du réalisateur.

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